Mercredi 19 avril 2006

La galanterie voudrait que ce premier papier sur les poètes de la Nuit de la nouvelle poésie française au Mans le samedi 29 janvier 1983 soit consacré à Vénus KHOURY GHATA. Mais que la galanterie accepte qu’on désire garder le meilleur pour la fin, et l’étoile de Vénus ne se lèvera qu’au bout de la nuit. Je vais donc commencer par Gérard Noiret. (Le même que Philippe, moins les millions, disait-il) Je ne vous parlerai que du Gérard Noiret que j’ai rencontré cette journée et ce soir là. Très peu de temps, en fait. Depuis, il a fait beaucoup de chemin et si nous nous sommes recroisés (ce fut un animateur des 24 heures du livre, puis de la vingt-cinquième heure), nous avons peu collaboré ensuite. Ce dont je me souviens (bientôt un papier sur les souvenirs, depuis qu’en relisant l’étranger de Camus, je suis d’accord avec Meursault : « J’ai compris alors qu’un homme qui n’aurait vécu qu’un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s’ennuyer. »  Ce dont je me souviens, alors, c’est la rencontre avec une classe de Bellevue où Gérard, très tonique, très dynamique passionnait les élèves autour de la littérature. (Il était à l’époque Animateur au Service Municipal de la jeunesse à Bezons, dans les Yvelines.). Ce qui m’est resté dans l’esprit, aussi, et ô combien, on partage ça, c’était son trac de dire ses poèmes en public (cette émotion, cette peur –n’importe qui peut se lever et dire « arrête tes conneries – (Serge Pey), le fait qu’on s’expose entièrement, dans un acte qui n’a rien à voir avec un reality show-, mais qui est toujours à la limite de basculer. Le poète entre le sublime et le ridicule ! Et il ressentait ce trac d’autant plus fort que son activité militante pouvait l’amener à parler devant une foule sans trembler avec foi et conviction. Mais la poésie, c’est autre chose. Gérard nous avait un peu parlé de son histoire, qui joue un rôle important et structurant dans son itinéraire de poète et d’homme de lettres. C’est parce qu’il avait passé un concours de sténodactylo qu’on s’était rendu compte qu’il était bon en français. Son parcours, dans sa jeunesse,  a été très lié à celui du parti communiste français et à ce que celui-ci a pu apporter en matière d’éducation populaire et de culture, aux jeunes issus des milieux ouvriers. C’est une histoire que je ne connaîs pas, mais c’est ce que j’ai cru comprendre. A l’époque, il était déjà critique à la quinzaine littéraire de Maurice Nadeau, qui est toujours là, à 95( ?) ans. LE PAIN AUX ALOUETTES doit être le premier recueil de Gérard Noiret, publié aux éditions Temps Actuels (146, rue du fg-Poissonnière 75010 Paris) dans la collection Petite Sirène. Il s’agit de livres de petit format, mais comme l’avait soufflé Vénus « grand par le cœur ». Cette collection avait déjà publié de très grands poètes comme Maïakovski, Yannis Ritsos, Tristan Tzara, Aragon, mais aussi Charles Dobzynski, Lionel Ray, Jean L’Anselme ou Jean Marcenac. C’est une très jolie collection de poésie. Et c’est un véritable honneur que d’y publier. C’était donc très bien et important pour Gérard. Le travail qu’il a commencé là (un peu comme les « prophéties » de Serge Pey) n’est pas un accident de parcours. On y trouve le sens qu’il veut donner à sa poésie, à la poésie. Le titre de la partie qui l’illustre le mieux est « Aux extrêmes du banal ». G Noiret partage avec ces héros de la vie quotidienne loin des sunlights, mais proches des lampadaires, des clôtures, des terrains vagues, des gares de banlieue et des transformateurs électriques, la fatigue et le côté le plus exténué de la parole. Mais il parle, ou plutôt il écrit  en se colletant avec la syntaxe, avec laquelle il  lui paraît indispensable de rompre politiquement, quitte à paraître parfois alambiqué, et il se bat et bat le briquet de la petite lumière qui luit dans le hall des HLM aux ampoules brisées. Sa dénonciation est intérieure : il témoigne en éreintant la langue, comme l’exploitation de l’homme par l’homme use jusqu’à la corde ceux qui, à la gare, comme les travailleurs de nuit "trouvent échoué leur paysage Ils boutonnent leur simili cuir mais à quoi attribuer l’interminable courant d’air sinon à la dépression créée par l’insomnie ? Les antennes sur les toits persistent : des nerfs arrêtés"
J’ai conservé le livre dédicacé : « Pour Bernard, cette marche d’un escalier que nous ferons monter, mais dont nous ignorons tout, ses détours, ses inclinaisons, les pas qui le hantent-Gérard »
LE PAIN AUX ALOUETTES
Temps Actuels 1982
 ISBN  2-201-01572-4    

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 18 avril 2006
Coming soon, on the blog, "The Brûlon Telegraph", some information in English about Brûlon.
(Thank you, Michael !)
par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 18 avril 2006

Cette année là, Jack Lang, ministre de la culture avait décidé que le 23 avril serait la journée nationale de la poésie. A partir de cette information, Christian Gorelli, encouragé par le succès de la nuit de la poésie du mois d’octobre 82, avait eu l’idée de décréter 1983 « Année de la Poésie au Mans ». Pour la communication, une affiche avait été réalisée par les mêmes graphistes, Sylvie et Joël Jupin, qui avaient créé celle de la « Nuit », un dépliant reprenant le dessin de l’affiche (des personnes marchant dans une atmosphère urbaine), enfin la télé régionale avait fait un reportage où on nous voyait notamment corriger l’orthographe de la plaque de rue dédiée à « Beaudelaire ». L’initiative conçue et réalisée par le collectif Poésie et la revue Parole  restait sous l’animation de C Gorelli. Le programme de cette année poésie s’annonçait particulièrement riche. Le samedi 29 janvier à 21 h la Nuit de la nouvelle poésie française lançait le programme avec les poètes Vénus Khoury-Ghata, Gérard Noiret, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Pierre Lemaire accompagnés de Paule D’Hériat, comédienne, Achille Awado, chanteur, Jacques Ferré, Guitariste. Le dépliant annonçait mystérieusement un invité surprise « le poète de 11 heures ». Le prix de l’entrée était fixé à 10 F, la soirée comprenait également une vente et signature de livres. La Nuit de la Poésie Française investit le Hall d’exposition du Palais des Congrès et de la Culture du Mans. Avec le recul, la venue de ces poètes au Mans en dehors d’un autre événement culturel important (24 heures du livre par exemple) représentait quelque chose d’exceptionnel.

La soirée fut assez difficile en raison d’un concert qui se déroulait ce soir là dans la grande salle du palais, et  bien sûr, la poésie ne pouvait pas rivaliser avec les watts. Le poète de 11 heures devait être Marcel Tavé dont le passage à la direction culturelle du palais des congrès et de la culture du Mans fut très bref. Dans le numéro 13 de Parole, il donna un poème « Une comptine du père Ubu » en hommage peut-être à son patron d’un moment. Cette année poésie, Christian Gorelli dans le poème qui ouvrait le numéro 13 de la revue, l’avait évoquée : 
 « …Nous interviendrons dans l’instant, soufflant sur des brindilles….Nous métamorphoserons les pylônes. Ils sont l’alphabet de l’époque, ses cris et son discours. Traversent les passants
Vous ne changerez la vie que si vous vivez l’échange » et ce à quoi mon poème répondait « On fera quelque chose, avec vos silences magnifiques, et mieux qu’un feu et mieux qu’un poème et mieux qu’un lit »
Beaucoup d’autres manifestations étaient annoncées, mais avant de vous en parler, les poètes de ce 29 janvier méritent tous un petit arrêt sur image, que je vous proposerai cette semaine. 

La suite au prochain numéro

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Lundi 17 avril 2006

20/04 : Permanence L Cohin architecte conseil

21/04 : Visite de Jean François LAMOUR, Ministre de la Jeunesse et des Sports et de la vie associative (dans le cadre du projet de requalification du plan d'eau) 

 21/04 : Gal Leader + à Solesmes

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 16 avril 2006

Dans le numéro 12 de la revue P A R O L E , il y avait aussi Serge Pey avec des extraits de son livre à venir « Prophéties », édité aux éditions Tribu, à Toulouse. Les prophéties composées de 52 poèmes dédiés à Jim Morrison et Ezéchiel ont été retranscrites dans cette première édition avec l’écriture de Balbino Giner, ami de Serge Pey. Ce texte très fort, étape importante dans le travail de Serge Pey, en tant que poète chaman, en tant que passeur entre les univers visibles et invisibles, m’a fortement marqué par sa puissance. L’homme lui-même était impressionnant par sa radicalité et son engagement sans concession. Son rythme était tellurique et son effort semblait vouloir ramener dans le souffle le sens brut des mots derrière l’écorce de la langue.

Serge Pey a beaucoup de liens avec les poètes sonores, avec les indiens du Mexique. Il devait animer quelque temps plus tard l’atelier de poésie contemporaine à l’université de Toulouse-Mirail.  

« Le Sommeil
 sera la jonction
des chemins perdus
On communiquera
de Sommeil à Sommeil
Tes yeux
verront
car ils seront aveugles »   

Il est l’auteur de nombreux textes dont certains en édition sonore.
Ci-après, extrait de sa bibliographie. 

Poèmes hallucinogènes du Peyotl, éd. Lézard, 2002
L'enfant archéologue, éd. Jacques Brémond, 1997
La définition de l'aigle, éd. Jacques Brémond, 1997
La mère du cercle, éd. Travers, 1994
Pour libérer les vivants il faut savoir aussi libérer les morts, éd. Richard Meïer
Traité des chemins et des bâtons, éd. Terre blanche
Notre Dame la Noire ou l'Evangile du Serpent, éd. Tribu, 1988
Poème pour un peuple mort, éd. Sixtus, 1989
Couvre-feu, éd. Tribu, 1986
Prophéties, éd. Tribu, 1984
De la ville et du fleuve, éd. Tribu, 1981
La main et le couteau, Parole d'aube

 Editions sonores dont : 
Nous sommes cernés par les cibles, Serge Pey/ André Minvielle, 2002
L'évangile du serpent, Tribu, 1995
L'enfant archéologue, Artalect, 1987
Les diseurs de musique, Vandoeuvres
Allen Ginsberg/ Serge Pey/ Yves Le Pellec, éd. Tribu

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 15 avril 2006

Le vendredi 1er octobre 1982 fut une date charnière pour P A R O L E. Ce soir là, au tout nouveau Palais des congrès et et de la culture du Mans, « dans le vaste espace de l’Exposition Grau-Garriga, parmi les tapisseries, ont participé, à  « La nuit de la poésie » les poètes Yvon Le Men de Bretagne, Serge Pey, de Toulouse, Francis Combes de Région Parisienne, Joël Sadeler du Maine, le musicien Philippe Duchemin et son Quartet de jazz, le comédien Pascal Larue, intervenant de plusieurs lieux, et le public, deux cent cinquante personnes, se déplaçant à leur rencontre jusqu’à 1 h du matin. »
C’est en ces termes qu’en avant dernière page du numéro 12 de la revue C Gorelli retraçait la soirée. Et désormais, la revue allait beaucoup plus exister comme une trace d’événements poétiques qu’en tant que revue littéraire. Les poètes édités sont ceux ayant participé ou assisté à l’événement.

Cette soirée fut celle d’une poésie debout, avec le très fort engagement oral d’Yvon le Men et de Serge Pey, et la  lucidité de Francis Combes et Joël Sadeler.  La nuit de la poésie avait été annoncée par une superbe affiche de Sylvie et Joël Jupin, que la revue arborait en couverture. Dans ce numéro de Parole où la ligne graphique avait évolué, on pouvait retrouver les poèmes d’Yvon Le Men

« S’en aller sur un bateau au gré du vent et de la solde, planté entre l’immense et le pont. Avec de la toile et du vent, il naviguait.
D’escale en en escale les êtres humains se partagent entre le bien et le mal car très souvent le paradis brûle en eux avec le feu de l’enfer. Personne n’échappe au vent contraire mais  loin est le chemin qui mène au sommet. Au bout de la route, il y a souvent un étranger qui te ressemble…. » (Extrait)

et des autres… (la suite au prochain numéro)       

 

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Mercredi 12 avril 2006

« Victoir d’étudian fas a ce gouvernemen : le CPE é retiré ! » C’est par ce SMS reçu sur mon portable lundi matin que nous avons appris l’information. Quels enseignements les uns et les autres vont-ils tirer de cette crise ? Cette crise n’en annonce-t-elle pas d’autres plus graves ? Quelles évolutions sur l’exercice de la citoyenneté, dans la relation entre gouvernants et gouvernés ? Quelles avancées et quelles menaces pour la démocratie dans la perspective des prochaines échéances électorales ?

 

Dans cette réflexion, quatre grandes familles d’acteurs sont identifiées :

            -les jeunes étudiants et lycéens
            -les organisations syndicales
            -les élus de la représentation nationale
            -les gouvernants et ceux qui aspirent à gouverner

Les jeunes étudiants et lycéens qui ont été les premiers acteurs de la crise en sont aussi les premières victimes. L’année scolaire ou universitaire fortement perturbée est synonyme d’échec pour les moins favorisés et baisse le niveau de tous. Les jeunes auront compris qu’ils représentent un enjeu et que sur leur dos des politiciens se sont livrés à un duel immoral et fratricide pour leur ambition personnelle. Quelle sera leur maturité désormais ? Auront-ils la force d’exiger de la part de ceux qui parlent si souvent en leur nom de véritables propositions, des perspectives, un code de valeurs qui légitime l’effort équitablement réparti exigé pour qu’enfin la France bouge en embarquant tout le monde, dont toutes les jeunesses ?

 

Les organisations syndicales ont retrouvé dans l’action le chemin de l’unité. Elles ont su rassembler sur un objectif clair et limité. Poussées par le mouvement de fond, plus fortes car en phase avec l’opinion, elles ont, en convergeant, pu vérifier l’adage qu’on n’est pas faible parce que divisé, mais qu’on est divisé parce que faible. Elles auront pu mesurer la puissance d’une action aux buts partagés, au dessus des intérêts catégoriels, sans concession, mais sans surenchère. Elles auront, à mon sens, à jouer un rôle essentiel dans la nécessaire transformation de notre moteur social, à condition d’intégrer dans les propositions la réflexion économique. En seront-elles capables ?

 

Les élus de la représentation nationale : ce sont les dindons de la farce. Ils ont vécu en direct live et à leurs dépens la crise des institutions. Après avoir voté par discipline un texte auquel ils n’avaient pas participé, ils ont été sommés par l’exécutif de corriger le tir dans des conditions imposées, enfin on leur demande d’entériner le résultat de tractations dicté par l’équation des ambitions personnelles et de la pression de la rue. Ils auraient de quoi tous démissionner ! L’opinion publique a senti que ses députés avaient été instrumentés et se montrera indulgente à leur égard, s’ils sont capables de se remettre en question. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, nos députés ont à s’interroger sur leur rôle. Pour redonner du crédit à leur statut ils devront hâter la réflexion sur les institutions et travailler à l’avènement d’une VI ème république soumise à ratification par le peuple. Auront-ils ce sursaut ?

 

Les gouvernants et ceux qui aspirent à gouverner : la crise les frappe de plein fouet en les montrant du doigt. Alain Juppé, F Bayrou, F Fillon évoquent une crise de confiance.  C’est un doux euphémisme. Ce n’est pas que les gouvernés n’ont plus confiance en leurs gouvernants, c’est qu’ils s’en méfient à mort ! Inutile de revenir cruellement sur les raisons : tout le monde les voit et ce n’est pas nouveau. Trop de luttes pour le pouvoir et pas assez d’attention, de lecture, d’écoute de la société , et d’effort pour faire participer les citoyens qui-ne-sont-pas-idiots, même si aucun d’entre nous ne revendique l’intelligence d’un Giscard, d’un Villepin ou d’un Juppé !

Dans nos petites communes, il arrive qu’entre adjoints, on prenne une décision, somme toute bénigne et qu’on en informe le conseil municipal. Et dans le conseil, il y a brusquement sur ce point précis une opposition assez forte. Ce que nous oublions, c’est que parfois pour prendre cette décision, nous avons fait un bout de chemin. Nous l’avons évoqué à une ou deux reprises. Cela a maturé jusqu’au moment où la solution nous paraît évidente. Et nous voudrions que nos collègues, qui n’ont pas fait le même chemin que nous, en cinq secondes arrivent au même résultat ?  

 

Oui cette crise peut en annoncer d’autres plus graves. Crise politique évidemment. Le scénario catastrophe : une deuxième tour en 2007 comme celui de 2002, moins le recours de Chirac.

On n’y est pas. Mais attention ! Ceux qui aspirent à gouverner doivent apprendre l’art de la transformation sociale. Dans ce registre, mieux vaut faire confiance à Socrate en répétant : « Je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais rien » Attention aux experts. On ne peut pas gouverner avec quelques idées géniales. Le peuple est expert en « peuple ». Une transformation, ça ne se décrète pas. Ce sont les françaises et les français qui transformeront la France en se transformant eux-mêmes. Le gouvernement devra faire preuve de pédagogie interactive : en portant le changement, il devra lui-même apprendre. Le débat devra être très large, puis la représentation nationale (voir plus haut !) devra trancher. Pour 2007, c'est bien dans la présentation de l’art de gouverner que devrait se faire, selon moi, la différence. D’ici là, mesdames et messieurs les candidats, entraînez-vous !  Y arriveront-ils ?

 

Ps : l’auteur du SMS  a repris ses cours à l’université à notre grand soulagement.         

 

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Samedi 8 avril 2006

Mardi soir à Saint-Symphorien, l’Europa jazz a fait escale dans le cadre du régional tour. Le Claude Tchamitchian New Lousadzak nous a régalés de ses « Human Songs » Cette formation  est composée de pointures autour de Claude Tchamitchian, contrebassiste et compositeur. Aux guitares, Raymond Boni et Rémi Charmasson, à la voix et à la trompette Mederic Collignon, aux saxophones Lionel Garcin et Daunik Lazro, à la batterie Ramon Lopez et au tuba Daniel Malavergne. Les musiciens jouent les compositions de Tchamitchian et ils enregistreront à Paris dans la foulée. Ce fut un long set où beaucoup d’histoires furent racontées, où beaucoup de portes s’ouvrirent. C’est une musique sans concession qui nécessite de l’écoute, de l’attention, mais qui reste accessible. On traverse des émotions, des toboggans, plusieurs sortes de jungles, on se retrouve primitif, on passe par des moments si calmes et d’autres plus rudes, on ne reste pas immobile, on participe au voyage. J’ai ressenti un grand respect entre les musiciens, une grande conscience, qui autorise la plus grande liberté. Ce fut un très beau et bon moment. J’ai eu la chance de dire des poèmes en compagnie de trois de ces musiciens dans des spectacles. Avec Raymond Boni au Mans, avec Claude Tchamitchian et Raymond Boni sur le toit de la cité radieuse « Le Corbusier » à Marseille ; avec  Rémi en Provence et à l’île du planier. Je connais Raymond Boni depuis 1968 à Toulon, à l’époque de la mansarde. On l’avait rencontré au bar du Neptunia, sur le port. C’était déjà un excellent guitariste, il jouait avec les gitans. Je m’en souviens à l’Early bird à Antibes, un soir où Archie Shepp était là, un peu allumé. Raymond avait joué avec un verre sur le manche de la guitare. Il cherchait des sons. Il ne faisait aucune concession. Il n’a pas changé. On a parlé un peu après le concert, de la situation, de son fils contrebassiste. Il disait qu’il fallait à peu près 20 ans de musique pour atteindre le niveau. C’est un véritable artiste.
Et moi, j’étais déjà si mauvais poète que je ne savais pas aller jusqu’au bout ! (B Cendrars)            

 

 

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Vendredi 7 avril 2006

Vendredi, à 20 heures, Monsieur et Mme Bourdin ont inauguré l’agrandissement de leur commerce Coccimarket, sur la place de la mairie à Brûlon. Ambiance sympa et l’occasion de  retrouver les artisans et commerçants locaux, et d’échanger avec eux. Oui, c’est bien moi depuis janvier 2006 qui ai la charge des relations avec les  artisans, particuliers, et l’architecte des petites cités de caractère, pour les travaux en visibilité publique dans le périmètre protégé des monuments historiques. On discute, on échange, on explique. On s’apprend mutuellement des choses. Les élus ont trop peu l’opportunité de rencontrer dans une assemblée festive et amicale les acteurs de ce tissu fragile et ô combien important de nos petites cités. Jadis tandis que les fermes peuplaient la campagne,  commerçants et artisans étaient l’âme du bourg .Si les choses ont changé, il faut bien reconnaître que leur bonne humeur est toujours au rendez-vous. On a pris le temps de plaisanter un peu et de rire de bons coups. Le maire a fait un discours simple et clair, positif sur les clignotants verts du développement de Brûlon. La nomination d’un receveur à la poste, l’extension de FPEE, d’autres évolutions positives à la zone industrielle, et bien sûr la raison de notre présence hier soir chez M et Mme Bourdin. Ces derniers ont été remerciés pour croire en Brûlon. De son côté, la commune ne sera pas en reste avec la requalification du plan d’eau qui devrait drainer un public plus nombreux et la réhabilitation de la mairie dont l’Avant Projet Sommaire sera discuté par les conseillers municipaux lundi à 18 heures. Le commerce local, commerce de proximité, est un atout indispensable au cadre de vie. Il marque de l’intérieur l’identité du village plus que ne le fera jamais un label à l’extérieur. Le maire a eu raison de souligner que le conseil municipal avait privilégié dans la mise en vente de la trésorerie  la priorité à l’activité commerciale. La chance a voulu que cela soit  possible :nous nous en réjouissons et souhaitons à M et Mme Bourdin un grand succès commercial.

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Jeudi 6 avril 2006

Un poème publié dans le numéro 11 de la revue de Parole (numéro que j'évoquerai prochainement).
Je pourrai sans doute encore dire ce etxte qui date de 25 ans.

 Banques de la vie temporairement fermées Voyage annulé passeports confisqués L’autoroute ne mène nulle part Au drive-in ciné le même film montre les mêmes gens marchant assis mangeant fumant se dirigeant à reculons vers leur destin qui préfère les ignorer Le voyage boucle la boucle Y-a-t-il une façon agréable de perdre son temps ? On passe On se croise On claque des portes On ouvre et on ferme des fenêtres On arrose les fleurs On éteint la télé On fait son lit  On pleure Les derniers arrivés marchent sur les toits On cherche une place pour se garer achète à manger Il n’y a plus de place dans le frigidaire On veut téléphoner On n’a pas le temps On se déplace On revient J’ai même rencontré quelqu’un qui espérait Mais quoi ? Il n’en savait rien mais il espérait c’était une idée fixe J’ai reçu mes factures Demain mon salaire sera viré J’irai ai cinéma voir « Il y a toujours quelque chose qui se passe quelque part » On s’est assis côte à côte sans se parler Au bout d’une heure il y avait un tel plein de vide que lorsque j’ai pris mon verre il s’est brisé On met de l’argent de côté On lit les journaux Il faut que j’aille chez le coiffeur Demain j’achèterai des chaussures Quelqu’un m’a demandé de régler à sa place ses problèmes métaphysiques je lui ai donné ma valise La vie bégaye Dehors des gens cherchent du travail J’ai lu un livre inutile de A à Z J’ai allumé la radio J’ai encore tant de choses à faire   

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