Jeudi 4 mai 2006

Choqué par le publication par le journal Le Monde et par livraisons successives d’un compte rendu d’audition d’un responsable des services secrets. Choqué par l’exploitation sans recul, ni retenue de ces informations somme toute non vérifiées par des personnes qui y trouvent un intérêt. Mais le journal l’a dit, donc c’est vrai ! Non au lynchage ! Il existe un tas d’exemples dans l’histoire du monde où ce conformisme stupide encouragé par les médias et par une pseudo opinion publique majoritaire a conduit à massacrer des innocents, à salir l’honneur et à ne pas éclairer  sur la réalité !

Comme le notait le poète Francis Combes dans ses « Petites leçons de choses de la lutte des classes » : "L’homme est le seul animal capable de se pisser dessus rien qu’en ouvrant la bouche"  

 

A Dominique de Villepin, la mémoire approximative de la fin de « La mort du loup » d’Alfred  De Vigny :

« Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
où sur sa voie le sort a voulu t’appeler,
puis après comme moi,
souffre et meurs sans parler!» 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 3 mai 2006
COMMUNIQUE

Le 27ème EUROPA JAZZ FESTIVAL DU MANS s’est achevé lundi  01 mai sur une époustouflante journée américano-européenne proposant la crème des improvisateurs européens (Alexander Von Schlippenbach, Han Bennink, Paul Rogers, Paul Dunmall,Johannes Bauer, etc…) et l’orchestre mythique du free jazz américain le Sun Ra Arkestra dirigé par Marshall Allen. Derniers concerts symboliques d’un festival génétiquement programmé pour le jazz européen mais n’ignorant rien des figures historiques américaines !  Prés de 23 000 spectateurs (dont 10 000 pour l’Europa Jazz en Balade) ont suivi les 92 concerts proposés dans 25 villes et 4 départements des Pays de la Loire et de la Basse-Normadie pendant presque 5 semaines !
La 28ème édition se déroulera du 14 avril au 13 mai 2007.



par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 3 mai 2006

Le printemps revient chaque année, pourquoi tourner le dos à la vie ? Tu avances, sous un ciel bleu tes cheveux blonds tiendront tête au soleil.

 

Tout nous dépasse, la lumière, la chaleur et même ton regard qui brûle à l’aplomb de midi.

 

Si c’était plus facile quand nous étions enfants, pourquoi avons nous accepté de vieillir ?

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 2 mai 2006

 

 

Je n’aurais sans doute pas lu ce livre si ma fille ne l’avait fait et avait insisté pour que je le lise. C’est marrant de lire les mêmes livres, ou de voir les mêmes films, pour pouvoir en parler. Ressent-on les mêmes émotions ? Ou en croisant nos regards, quand nous voyons la même chose, sommes-nous plus proches ? Lire un livre que quelqu’un a beaucoup aimé, n’est ce pas un peu entrer dans son jardin secret, dans son monde intérieur ? N’est-ce pas une belle façon d’aimer que d’admirer ce que quelqu’un aime ? (Sinon pourquoi aurais-je lu, précisément à ce moment là à Londres From A to B and Back to B d’Andy Warhol, et pourquoi toujours me souvenir des poèmes de kamikaze galapagos de Dominique Tron ?)

Le livre est passionnant et distrayant ! Les innombrables références sont accessibles même si on n’est pas féru d’ésotérisme et les rebondissements sont nombreux dans une histoire à enclenchements. Comme il faut toujours que je me pose des questions (malheureusement, c’est le propre de l’homme), je me suis demandé pourquoi ça marchait aussi bien. Curieusement en lisant ce livre, j’ai ressenti le même plaisir que lorsque je lisais Tintin et Milou. Malgré la complexité apparente et l’épaisseur du mystère, les ressorts sont très simples. Une enquête c’est un jeu de pistes et bien sûr on va vous entrainer dans de fausses directions. Mais plus la ficelle est grosse, plus ça marche car l’auteur vous amène petit à petit à quitter votre mentalité d’adulte rationnel pour cingler vers un monde imaginaire où tout est possible, dès lors que la logique lumineuse du merveilleux  l’emporte sur l’invraisemblance des situations.

L’occasion aussi de revisiter Leonardo Da Vinci qui nous a laissé peu d’œuvres picturales, mais des écrits, des projets et une légende..

 

 

 

Dan BROWN

DA VINCI CODE

ISBN : 2-266-14434-0

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Lundi 1 mai 2006

Compte rendu personnel non officiel

Un conseil sans grande décision à prendre. Mais c’est bien car cela permet de prendre son temps pour échanger sur le fonctionnement quotidien, l’art de manager des équipes, les chantiers à mener d’ici les élections. (Station d’épuration, mairie, plan d’eau, sans compter la mise en fonctionnement de la nouvelle salle.)

Le projet du plan d’eau est le plus original à mettre en œuvre : il y a beaucoup de choses à faire, relativement disparates, mais qui concourent à un même but. L’idée qui a priori tient la corde serait de créer un comité de pilotage avec les associations et les parties prenantes au plan d’eau. Ceci afin de partager, de motiver, de déléguer partie des réalisations, même s’il faut vraiment faire attention à la cohérence (c’est là qu’est le danger !

En fait, cela revient à mettre en place une véritable structure projet  qui pourrait  continuer (idée d’Emmanuel) après coup. Cela peut être quelque chose de très prenant, mais de très intéressant, comme à chaque fois qu’on embarque un peu plus de monde sur un thème. 

 

 

 

A part ça, on autorise le maire à demander des subventions pour ce projet (il vaut mieux !), quelques sujets individuels (prix de terrain cédé) ou demande d’achat de deux parcelles de lotissement pour faire une construction, le besoin pour la base de loisirs d’avoir un référent à la mairie (pas toujours facile, paraît-il, d’obtenir la réalisation des travaux qui sont  demandés ! Allons, ce ne peut pas être de la mauvaise volonté !),  quelques remarques sur l’état des trottoirs et des routes, que du normal et récurrent !

 

 

 

Le conseil a duré à peine un peu plus de 2h30/2h45 : un record de vitesse !

 

 

 

Et Emmanuel a offert son pot pour son anniversaire ! C’est beau d’être jeune : à la tienne, Emmanuel !

 

 

 

 

 

 

 

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mercredi 26 avril 2006

Il me semble que le blog n’a pas pris beaucoup de temps pour parler du programme leader +. Si ce n’était pas le cas, considérons que je radote, ou que j’ai besoin d’un administrateur. Au risque donc de radoter, résumons : le programme leader + est un programme européen (Et oui, l’Europe redistribue !) encourageant les actions sur le thème de l’eau. Dans ce programme, il y  a plusieurs types d’actions identifiés, et chaque projet doit s’inscrire dans l’une de ces actions. Cela va d’études concernant la rivière, à des manifestations culturelles ou festives (Les Bouillonnantes) autour et sur le thème de l’eau, l’aménagement de rives ou de chemins, la réalisation de pontons pour permettre aux bateaux d’accoster, de rénovation de moulins, etc. Les fonds sont attribués au pays, un suivi de la programmation de ces fonds est effectué régulièrement, et il arrive que des réaffectations soient faite au niveau national si une pays a insuffisamment programmé. En quelque sorte, la réalisation du plan est une « ardente obligation »

Pour gérer ces fonds et les attribuer de la façon la plus judicieuse qui soit, un GAL (Groupement d’action locale) a été constitué dans le pôle Vallée de la Sarthe.

Ce groupement composé d’élus locaux, mais aussi de techniciens, de membres de la société civile qui  jouent un rôle vis-à-vis de l’Eau ou qui y ont un intérêt, valide en dernier ressort le dossier proposé et le montant Leader + alloué. J’y siège, non pas en tant qu’élu au conseil municipal de Brûlon, mais en tant que président du Syndicat d’initiative. Marie Le Goulven y siège aussi en tant que présidente d’association référent dans le pays Vallée de la Sarthe. Le comité de programmation se réunit régulièrement. Les participants reçoivent auparavant des fiches comprenant la description du projet, l’action du programme auquel il se rattache, le budget global et le plan de financement.

Les fiches mentionnent également les avis du comité technique qui, outre garantit

la conformité du projet à l’objectif du programme, émet les éventuelles réserves, alertes, ou conditions. De nombreux projets sont ainsi présentés et vous verrez autour de vous dans la Vallée de la Sarthe fleurir la mention " réalisé avec le concours européen des fonds leader +)."

En ce qui concerne Brûlon, des travaux au camping, l’étude de requalification du plan d’eau, le traitement de la turbidité (aucune crainte sur les atteintes aux bonnes mœurs ou à la morale publique) dans la zone de baignade et surtout le projet que M Le Maire a présenté à JF Lamour, ministre des sports, résultant de l’étude de requalification, sont soutenus par Leader +. La réunion du groupement est l’occasion d’échanger entre acteurs divers, du responsable de la police de l’eau aux associations de pêcheurs, aux maires, aux présidents d’association sur ce thème qui évoque la pureté, mais aussi l’âpreté des intérêts contradictoires qui le traverse, dans un climat d’écoute d’expressions parfois très affirmées, mais toujours respectueux.

Je ne sais pas si nous aurions été capables d’inventer ce mode de fonctionnement démocratique de proximité sans l’Europe. Il me semble que notre France très jacobine, très centralisée (même s’il y a eu beaucoup d’efforts de faits depuis G Defferre jusqu’à JP Raffarin) reste une exception en Europe. La répartition de la population reste quelque chose de dramatique. Tous les chemins ne mènent pas à Rome, mais à Paris !

Aussi, ce bout de chemin que nous faisons ensemble dans le pays Vallée de la Sarthe et au bord de l’eau, est une bouffée de fraîcheur démocratique et un sérieux coup de pouce à nos projets !    

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Mardi 25 avril 2006

Quand survient un jour précis un événement d’intensité exceptionnelle, chacun, selon son âge,  se souvient exactement comment il l’a appris, comment il l’a vécu. L’accident des 24 heures du Mans en 1955,  la rupture du barrage de Fréjus en 59,  les accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie en 62,  la mort du président Pompidou en 74, la  demi-finale de football perdue contre l’Allemagne en 1982, la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Un collègue disait ce matin : je m’en souviens, c’était le jour de mon mariage. Pour ma part, nous partions, mon épouse et moi à Venise. Marie-Laure était enceinte. Nous allions par le train avec changement à Milan. Parvenus à Milano Stazione, nous étions montés dans le rapide pour Venezia qui était bondé au départ. Dans le couloir, un peu hébétés, nous contemplions les lecteurs des journaux du jour qui titraient quelque chose à propos de la « nube ». Nous ne parlions pas italien, mais il y avait une atmosphère dans le train qui nous faisait penser qu’il s’était passé quelque chose de grave. Quand on arrive à Venise, lorsqu’on sort de la gare, qu’on descend quelques marches, la magie inonde vos yeux. Vous aurez beau l’avoir vue cent fois dans les films, à la pub de la télé, sur les documents des tour operators, la ville vous assène un coup de poing en plein coeur et vous vous inclinez devant l’émotion qu’elle vous porte. Nous n’avons pas échappé à la règle. Aussi, quand nous nous trouvâmes à bord du vaporetto sur le rialto à contempler les palais qui le bordent, nous avions déjà oublié la nube. Mais très vite, le quotidien nous rappela à l’ordre. Il n’y avait pas de tomate fraîche, ni de salade, ni, plus grave pour Marie-Laure, de lait frais, donc plus de cappuccino ! La ville est magnifique. Nous avons visité les palais dont celui des doges, nous plaisantions avec les gondoliers qui susurraient « gondola », nous sommes allés aux îles (Burano, Murano, et Tortelli), sommes passés devant l’île de San Michele, où est enterré le poète Erza Pound, l’auteur des Cantos, avons admiré au Palazzo Grassi l’exposition Futurismo et Futurismi dont le directeur artistique était Pontus Hulten (Directeur du Centre Pompidou), avons ignoré la « nube ». Près de l’usine, en Ukraine, c’était la mort et la terreur. Et en Europe, la peur, avec cette étrange exception française qui voulait faire croire (logique nucléaire oblige) que le nuage s’était arrêté à la frontière.

La catastrophe pose énormément de questions, dont celle de l’énergie nucléaire avec plusieurs niveaux de risques :

-celui de l’exploitation
-celui des déchets

             Il nous appartient aussi de poser la question de l’indépendance énergétique : de qui acceptons-nous de dépendre et à quel niveau ? Sur le plan éthique, comment partager une ressource désormais rare, dont tout le monde a besoin, mais inégalement répartie dans le monde ? Et cette question renvoie à toutes les autres concernant l’eau, l’air, l’accès à la mer, les matières premières, Internet….
Mort à Venise. Sur la place Saint Marc, dans les cafés du XVIIIème, où tant d’hommes et de femmes illustres sont venus,  Raphaële se développait dans le ventre de sa maman. Dans le monde entier, tout le monde n’aspire qu’au bonheur. Mais ce n’est pas si simple….

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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Dimanche 23 avril 2006

Vendredi après-midi, tout est prêt pour recevoir le ministre des sports et des associations en visite officielle. Cette visite suscite plus de nervosité, sans doute parce qu’elle est officielle, que lorsque vient François Fillon, en voisin, alors même qu’il était encore numéro trois du gouvernement. A l’entrée du plan d’eau, les employés communaux ont pris position et interdisent l’accès aux voitures. Par téléphone, le maire se tient au courant du déroulement de la visite à Sablé où le ministre a posé la première pierre du centre aqualudique. Le timing est respecté et le temps est de la partie. L’objectif de la visite ministérielle au plan d’eau de Brûlon est de conforter la candidature du pays Vallée de la Sarthe au pôle d’excellence rurale, en présentant un des projets qui pourrait bénéficier des fonds d’état liés au PER.
Le Blog avait évoqué  l’étude de requalification du plan d’eau réalisée par le cabinet MLV, il s’agit désormais de mettre en œuvre les préconisations de l’étude.
Nous nous sommes séparés en deux groupes, un premier groupe restreint autour du Maire pour accueillir les officiels et présenter le projet, un deuxième groupe avec les responsables d’associations, les techniciens de la vallée de la Sarthe , déjà rassemblé près du lieu où se tiendront les discours. Les descendeurs vététistes sont également prêts dans la butte de l’autre côté de la Vègre , ainsi que les canoéistes, mais eux sur la Vègre. Le cortège des voitures arrive, officiels en costume, gendarmes moustachus. Le Ministre est chaleureux, très simple, il est taillé comme une armoire à glace. Après les politesses et les présentations, le cortège s’ébroue avec JF Lamour, M Camux, le nouveau préfet qui nous vient de l’Orne,  F Fillon, M Joulaud, F Lorne, élus locaux, ainsi que tous les jeunes animateurs sportifs. Démonstrations de VTT, échanges du ministre avec les jeunes, qui s’enquiert des techniques, de la marque des vélos, du lieu où ils sont fabriqués. En haut de la butte, les vaches se sont rassemblées, bon public, sans meugler. Puis c’est le temps des discours. Le maire y va crescendo. Après l’éloge du ministre en rappelant son exceptionnel palmarès sportif, le maire apporte peu à peu tous les arguments pour que l’excellence soit reconnue à Brûlon. Le cadre naturel magnifique dans lequel nous nous trouvons illustre de façon saisissante la justesse du propos. Derrière moi, quelqu’un dit : « Il faut le garder, Daniel ! Il parle bien. » Le Ministre ne s’y est pas trompé. Il félicite le Maire pour la cohérence de ses choix, souligne la difficulté de la fonction quand on est tout le temps en première ligne, et remarque qu’il a ressenti l’attachement d’un homme pour sa terre et sa commune. Il dit qu’il  emportera cette idée en rentrant à Paris. Un cadeau et le dossier! Puis, moment convivial et original, le buffet autour des os de rillettes (ça se mange avec les mains) et le cidre local. Un verre et le moment est venu de nous éclipser avec le consultant de MLV pour justement présenter au GAL  Leader + à Solesmes le dossier plan d’eau. (Voir article suivant sur le GAL Leader +) 

          

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Samedi 22 avril 2006

J’ai connu Richard Fontaine par le milieu professionnel. Nous avons collaboré quelques années ensemble dans une mission autour de la Documentation. C ’est un homme discret, très sensible, mais très habile et très méticuleux. Quand il me voyait me lancer dans quelque tâche manuelle, avec un sourire entendu, mais jamais moqueur, il se proposait de le faire à ma place ! J’avais l’impression qu’il avait mal de me voir maltraiter des objets récalcitrants.

Cette sensibilité et cette habileté, Richard les met en œuvre dans le domaine de la sculpture, un art que je porte aux nues encore plus que la peinture dont j’admire pourtant beaucoup  les œuvres comme les artistes.

Les  sculptures de Richard Fontaine ressemblent à des peintures en relief. De silhouettes fines en bois se détachent sur des formats de tableaux. Il a fait aussi récemment quelques belles grosses pièces en orme. Richard dit que la forêt est sa deuxième maison. Il me racontait qu’il allait en forêt avec son frère écouter le brame du cerf. Il ramasse de petits morceaux de bois, et avec ça il évoque la nature, des animaux, et des sentiments. C’est simple, ça paraît naïf, mais c’est construit et c’est beau.

Son exposition se tient jusqu’au 23 avril 2006 à Parigné l’Evêque au centre les Glycines.

Mais Richard Fontaine a d’autres expositions prévues dans la Sarthe et on reparlera de lui.

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 19 avril 2006

La galanterie voudrait que ce premier papier sur les poètes de la Nuit de la nouvelle poésie française au Mans le samedi 29 janvier 1983 soit consacré à Vénus KHOURY GHATA. Mais que la galanterie accepte qu’on désire garder le meilleur pour la fin, et l’étoile de Vénus ne se lèvera qu’au bout de la nuit. Je vais donc commencer par Gérard Noiret. (Le même que Philippe, moins les millions, disait-il) Je ne vous parlerai que du Gérard Noiret que j’ai rencontré cette journée et ce soir là. Très peu de temps, en fait. Depuis, il a fait beaucoup de chemin et si nous nous sommes recroisés (ce fut un animateur des 24 heures du livre, puis de la vingt-cinquième heure), nous avons peu collaboré ensuite. Ce dont je me souviens (bientôt un papier sur les souvenirs, depuis qu’en relisant l’étranger de Camus, je suis d’accord avec Meursault : « J’ai compris alors qu’un homme qui n’aurait vécu qu’un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s’ennuyer. »  Ce dont je me souviens, alors, c’est la rencontre avec une classe de Bellevue où Gérard, très tonique, très dynamique passionnait les élèves autour de la littérature. (Il était à l’époque Animateur au Service Municipal de la jeunesse à Bezons, dans les Yvelines.). Ce qui m’est resté dans l’esprit, aussi, et ô combien, on partage ça, c’était son trac de dire ses poèmes en public (cette émotion, cette peur –n’importe qui peut se lever et dire « arrête tes conneries – (Serge Pey), le fait qu’on s’expose entièrement, dans un acte qui n’a rien à voir avec un reality show-, mais qui est toujours à la limite de basculer. Le poète entre le sublime et le ridicule ! Et il ressentait ce trac d’autant plus fort que son activité militante pouvait l’amener à parler devant une foule sans trembler avec foi et conviction. Mais la poésie, c’est autre chose. Gérard nous avait un peu parlé de son histoire, qui joue un rôle important et structurant dans son itinéraire de poète et d’homme de lettres. C’est parce qu’il avait passé un concours de sténodactylo qu’on s’était rendu compte qu’il était bon en français. Son parcours, dans sa jeunesse,  a été très lié à celui du parti communiste français et à ce que celui-ci a pu apporter en matière d’éducation populaire et de culture, aux jeunes issus des milieux ouvriers. C’est une histoire que je ne connaîs pas, mais c’est ce que j’ai cru comprendre. A l’époque, il était déjà critique à la quinzaine littéraire de Maurice Nadeau, qui est toujours là, à 95( ?) ans. LE PAIN AUX ALOUETTES doit être le premier recueil de Gérard Noiret, publié aux éditions Temps Actuels (146, rue du fg-Poissonnière 75010 Paris) dans la collection Petite Sirène. Il s’agit de livres de petit format, mais comme l’avait soufflé Vénus « grand par le cœur ». Cette collection avait déjà publié de très grands poètes comme Maïakovski, Yannis Ritsos, Tristan Tzara, Aragon, mais aussi Charles Dobzynski, Lionel Ray, Jean L’Anselme ou Jean Marcenac. C’est une très jolie collection de poésie. Et c’est un véritable honneur que d’y publier. C’était donc très bien et important pour Gérard. Le travail qu’il a commencé là (un peu comme les « prophéties » de Serge Pey) n’est pas un accident de parcours. On y trouve le sens qu’il veut donner à sa poésie, à la poésie. Le titre de la partie qui l’illustre le mieux est « Aux extrêmes du banal ». G Noiret partage avec ces héros de la vie quotidienne loin des sunlights, mais proches des lampadaires, des clôtures, des terrains vagues, des gares de banlieue et des transformateurs électriques, la fatigue et le côté le plus exténué de la parole. Mais il parle, ou plutôt il écrit  en se colletant avec la syntaxe, avec laquelle il  lui paraît indispensable de rompre politiquement, quitte à paraître parfois alambiqué, et il se bat et bat le briquet de la petite lumière qui luit dans le hall des HLM aux ampoules brisées. Sa dénonciation est intérieure : il témoigne en éreintant la langue, comme l’exploitation de l’homme par l’homme use jusqu’à la corde ceux qui, à la gare, comme les travailleurs de nuit "trouvent échoué leur paysage Ils boutonnent leur simili cuir mais à quoi attribuer l’interminable courant d’air sinon à la dépression créée par l’insomnie ? Les antennes sur les toits persistent : des nerfs arrêtés"
J’ai conservé le livre dédicacé : « Pour Bernard, cette marche d’un escalier que nous ferons monter, mais dont nous ignorons tout, ses détours, ses inclinaisons, les pas qui le hantent-Gérard »
LE PAIN AUX ALOUETTES
Temps Actuels 1982
 ISBN  2-201-01572-4    

par Bernard Gueit publié dans : journal d'un élu de campagne
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